Turtle S.H.E.L.L. Tortue

Organisme sans but lucratif à charte fédérale voué à la
Sécurité,
l'Habitat, l'Éducation, et La Longévité des tortues.

1.  Pourquoi se soucier des tortues?

 Tous les animaux de notre faune indigène (les animaux que l’on trouve dans un habitat ou territoire en particulier) ont un rôle utile et nécessaire à jouer. Les tortues aident à limiter la prolifération des plantes en les incorporant à leur alimentation. Elles se nourrissent d’animaux vertébrés et non vertébrés et servent elles-mêmes de proie à certains poissons, serpents, oiseaux et mammifères. (Les invertébrés peuvent être à corps mou, comme un ver de terre ou dur comme les écrevisses, les deux servant de nourriture aux tortues.) Les tortues aident à nettoyer les lacs et les cours d’eau et jouent un rôle important dans l’équilibre de l’écosystème.

 

2.  Où les tortues vivent-elles? 

Les tortues habitent des lieux où elles trouvent la température, la nourriture et le refuge qui leur conviennent, par exemple dans des tourbières, des marais ou des marécages. La Tortue peinte, par exemple, préfère les lacs ayant des baies peu profondes riches en plantes aquatiques ou les cours d’eau lents; elle y trouve les plantes aquatiques et petits invertébrés dont elle s’alimente ainsi que des endroits où se chauffer au soleil, ou des lieux encombrés de plantes la protégeant des prédateurs. La Tortue des bois aime les petites rivières sablonneuses ou plans d’eau proches des champs ou boisés dégagés où elle trouve des baies sauvages, des plantes et des invertébrés comme les colimaçons et vers. La Tortue à carapace molle préfère les rivières et lacs à eaux dégagées offrant des hauts-fonds où elle chasse poissons ou écrevisses et trouve d’autres nourritures aquatiques.

3.  Comment le gouvernement définit-il les espèces en péril?     

Les désignations appliquées en Ontario résultent d’examens et évaluations complémentaires réalisés aux niveaux provincial et national. L’évaluation nationale se fait sous les auspices du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), auquel l’Ontario prend part active depuis sa création en 1978.  Le processus d’examen provincial relève du Comité sur la situation des espèces en péril en Ontario (COSEPO), relevant du ministère des Richesses naturelles, qui inclut des membres n’appartenant pas au ministère. Son but est de veiller à ce qu’il existe une approche uniforme, basée sur des données scientifiques et défendables en ce qui touche l’évaluation du statut des espèces ontariennes.

 

SITUATION (MRNO)

DÉFINITION

Disparue (D)

Toute espèce qui n’existe plus

Disparue de l’Ontario (DO)

Toute espèce qui n’est plus présente en Ontario à l’état sauvage, mais est présente ailleurs

Menacée – Réglementée (M-R)

Espèce en péril de disparaître de façon imminente en Ontario et fait l’objet d’une réglementation en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario

En voie de disparition (VD)

Toute espèce menacée de disparition imminente en Ontario et qui pourrait faire l’objet d’une réglementation en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario – ces espèces ont la même protection que les espèces menacées.

Menacée (M)

Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants auxquels elle est exposée ne sont pas inversés

Préoccupante (P)

 

Toute espèce particulièrement sensible aux activités humaines ou phénomènes naturels

Non en péril (NEP)

 

Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril    

Données insuffisantes (DI)

 

Toute espèce dont le risque de disparition ne peut être évalué afin de recommander une classification provinciale, en raison du manque de données

 
4.  Quelles sont les tortues qui figurent sur cette liste? 

Les désignations attribuées aux espèces qui suivent sont, pour la plupart, conformes à celles du COSEPAC. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a toutefois donné à certaines espèces une désignation différente de la désignation nationale. À titre d’exemple, le ministère ontarien a accordé à certaines espèces courant un risque plus grand en Ontario qu’ailleurs au Canada une désignation plus élevée dans la liste des catégories.  Dans la liste, les exceptions au régime national sont marquées d’un astérisque (*) et accompagnées d’une explication.  

Tortue des bois (Clemmys insculpta)    Ontario : VD   COSEPAC : P                                                  

 

TAXUM
 

NOM COMMUN

NOM SCIENTIFIQUE

STATUT ONTARIO

Reptiles

Tortue des bois

Clemmys insculpta

  VD *

Reptiles

Tortue-molle à épines

Apalone spinifera

M

Reptiles

Tortue musquée

Sternotherus odoratus

M

Reptiles

Tortue mouchetée

Emydoidea blandingii

       M **

Reptiles

Tortue géographique

Fraptemys geographica

P

Reptiles

Tortue ponctuée

Clemmys guttata

VD *

** Désignation provinciale seulement 

Justification: ces espèces se trouvent dans plusieurs aires de compétence (c’est-à-dire qu’elles existent dans une ou plusieurs provinces ailleurs qu’en Ontario) et le ministère ontarien, se fondant surtout sur les recommandations du COSEPO, reconnaît qu’il faut leur accorder un statut plus élevé dans la province que dans le pays entier.

5.  Où sont les tortues en hiver?  

Les tortues canadiennes hibernent pour au moins cinq mois chaque hiver. Certaines espèces, comme la Tortue peinte et la Chélydre serpentine, hibernent au fond de l’eau dans des baies ou chenaux paisibles, se blottissant sous des troncs submergés ou sous le rebord des berges de lacs ou cours d’eau. D’autres, la Tortue ponctuée par exemple, passent l’hiver dans les marais ou champs inondés où elles passent les étés. Elles doivent choisir des endroits où l’eau ne gèlera pas jusqu’au fond ou elles perdront tout leur  oxygène.

6.  Pourquoi les tortues se font-elles chauffer au soleil? 

Les tortues se chauffent au soleil parce qu’étant des reptiles, elles ne peuvent pas créer leur propre chaleur. Le soleil aide à maintenir la température du corps entre 16° et 35° C, de sorte qu’elles puissent mieux digérer leur nourriture. De plus, l’action des muscles est favorisée par la chaleur.

7.  Où trouve-t-on les différentes espèces de tortues au Canada? 

On trouve les huit espèces en Ontario; le Québec en a sept, la Nouvelle-Écosse quatre, le Nouveau-Brunswick trois, le Manitoba et la Saskatchewan deux par province, la Colombie-Britannique et l’Alberta une chacune. L’Île du Prince Édouard et Terre-Neuve n’ont pas de tortues indigènes.

8.  Les tortues sont-elles sensibles aux odeurs? 

Oui, elles utilisent l’odorat pour identifier leur nourriture, leur compagnon ou compagne, leur territoire, etc. Sur terre, les tortues sentent comme nous;  sous l’eau, certaines ont de petites bosses ou barbillons sous le menton qui contiennent des organes sensibles aux odeurs et les aident à trouver leur nourriture dans des eaux obscures ou troubles. Les petites Tortues peintes, par exemple, naissent sachant que l’odeur d’une Tortue serpentine signifie le danger et elles réagissent aux mouvements rapides pour se dissimuler.

9.  Les tortues voient-elles bien? 

Oui. Les tortues perçoivent plusieurs couleurs, surtout les teintes de rouge, ainsi que des petites différences entre motifs et formes. Cette faculté est très importante pour un animal vivant à la surface de l’eau où la vue porte très loin. Étant capables de repérer les motifs et odeurs, elles reconnaissent les membres de leur espèce et peuvent éviter leurs ennemis. Elles ont un champ visuel binoculaire, c’est-à-dire qu’elles ne voient que ce qui est directement devant elles.

10.  Les tortues peuvent-elles entendre? 

Très peu. Elles n’ont pas d’oreilles externes, bien qu’elles possèdent les osselets internes qu’ont d’autres animaux, et ne peuvent distinguer que des fréquences basses ou des vibrations, au sol ou dans l’eau. Elles ne dépendent pas sensiblement de leur ouïe.

11.  Est-il vrai que les tortues sont porteuses de la salmonelle? 

Plusieurs animaux, y compris les humains, peuvent être porteurs de la bactérie salmonelle. Les tortues sauvages peuvent être porteuses de la maladie et en être atteintes. Il est possible que 10% des tortues, dans la plupart des régions, soient porteuses de cette maladie, mais ce chiffre  peut être plus élevé dans les eaux très polluées. Il faut se laver les mains après avoir touché une tortue. Les petits enfants (5 ans ou moins) et les personnes très âgées ne devraient pas les toucher. Il y a plusieurs maladies qui sont transmises des animaux aux êtres humains et vice-versa. La meilleure protection : bien laver ses mains au savon et à l’eau.

12.  Pourquoi les tortues traversent-elles les routes et autoroutes? 

Les tortues de tous âges quittent leur territoire de temps à autre, mais ce sont surtout les femelles adultes qui doivent se déplacer sur la terre ferme durant la saison de nidification pour trouver un endroit chaud et ensoleillé pour pondre leurs oeufs dans le sol. De nombreux  ruisseaux, lacs et rivières où habitent les tortues se situent le long des routes, de sorte que les véhicules tuent un grand nombre de tortues femelles adultes. Du fait que les tortues requièrent un lieu de ponte approprié (une exposition face au sud, où il y a plus de soleil, un sol mou, une humidité constante et très peu ou pas de couverture végétale, elles sont souvent obligées d’aller très loin de leur plan d’eau habituel. Plusieurs de ces sites de ponte sont fréquentés par les tortues de génération en génération.

13.  Que faut-il faire lorsqu’on voit une tortue qui veut traverser la route?

 

Si vous croyez que l’animal est en danger immédiat, faites un arrêt prudent. Aidez la tortue à traverser la route dans la direction où elle semble vouloir aller ou, si elle semble se diriger vers d’autres dangers, transportez-là en lieu sûr (un marais bordé de sable est idéal). Si la tortue semble s’éloigner de l’eau, ne la ramenez pas dans l’eau, elle fera demi-tour pour trouver un site de ponte.

 

Les petites tortues comme la Tortue peinte et la Tortue mouchetée peuvent être manipulées et transportées dans un seau ou une boîte. Sachez que les tortues ont des griffes, et ne mettez pas vos doigts près de leur bec… quand elles sont effrayées, elles peuvent mordre. Les grosses Chélydres serpentines vont probablement essayer de mordre et de vous égratigner, de sorte que seuls des adultes ou grands enfants doivent tenter de les déplacer, et toujours avec précaution. Saisir l’animal fermement à la base de la queue, levez-le doucement en tenant le bec loin de vous (voir l’illustration, page suivante). Transportez la tortue jusqu’au bord de la route et laissez-la partir. Si cette méthode ne vous plaît pas, il est aussi possible de tirer la tortue par la queue pour la déposer sur une pelle plate ou une feuille de carton, puis la traîner vers un lieu sûr (voir l’illustration 2, page suivante).  

Important : les grosses Tortues serpentines (plus de 30cm /1 pied de carapace)  sont suffisamment lourdes pour que leur queue se brise si vous tentez de les soulever par la queue. Utilisez une pelle, une feuille de contreplaqué ou un carton pour tirer l’animal. Rappelez-vous que les griffes de la tortue sont très fortes et son bec est acéré. Elles peuvent vous toucher si vous ne faites pas attention. Attendez-vous à plusieurs coups de tête.

14.  Est-il vrai que la carapace de la tortue est assez résistante pour supporter le choc d’un véhicule? 

Non! La carapace est mince et peut être écrasée aisément Les tortues souffrent habituellement des blessures internes fatales lorsqu’un véhicule les écrase.

Comme illustré dans l'image suivante - les tortues souffrent des dommages internes mortels (Contenu graphique)

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